Les ventes du 1er Trimestre 2025
Commençons par ce Christ sculpté dans un bois de tilleul qui a belle allure. Haut de plus de 58cm la Maison de Ventes l'attribue à la 1ère moitié du XVIIIe siècle. Une attribution qui paraît audacieuse car à cette époque les Sculpteurs apportaient plus de soins à la sculpture du dos. Au mieux sa production s'est faite à la fin du XIXe siècle ce qui n'enlève rien à sa belle plastique.
Ce Christ a été adjugé 1 300€ au marteau au Luxembourg par la Société Goldfied Auction sarl le 25 janvier 2025.
Lot N°277
Grande sculpture religieuse « Christo Vivo » ou « Corpus Christi »
en bois de tilleul sculpté (finition bois de buis), d'une grande qualité d'exécution. Représentation janséniste du Christ sur la croix. Sa souffrance est exprimée de manière expressive par son regard tourné vers Dieu et son pagne tourbillonnant. Rendu anatomique réaliste. La figure du Christ a probablement été montée précédemment sur un crucifix.
Première moitié du XVIIIᵉ siècle.
Réf Goldfield: GFAC9608
Poids: 1180gr Mesures: H 585MM X L 320MM
Estimation 1 000€ - 1 500€
Même période d'attribution annoncée que pour le Christ précédent avec cette fois un Christ sculpté dans un bois de résineux qui a rendu son dernier souffle.
J'émets les mêmes réserves que précédemment sur l'ancienneté annoncée, conforté par le prix d'adjudication de ce Christ, 1 200€ au marteau, qui semble modeste au regard du descriptif qui établit un parallèle avec des Christs du siècle de Pierre RUBENS (1577-1640)
Il fallait se rendre le 26 janvier 2025 à Gerpinnes en Belgique dans les locaux de la Maison de Vente MJV Soudant pour découvrir ce Christ.
Lot N°54
Important Christ en bois de résineux sculpté.
Tête penchée sur l’épaule droite, bras en V avec réseau veineux apparent, périzonium court retenu par une double cordelette, revenant sur le devant et avec chute latérale sur la hanche droite, jambes fléchies et pieds superposés.
Flandre, fin du XVIIe/début du XVIIIe siècle
Hauteur du Christ : 72 cm
Sur fond de cuir avec éléments en argent repoussé dans un cadre orné d’une frise de feuillages découpés. Ce Christ de belle qualité d’exécution est très proche de celui en ivoire de la collection P. Rigaux, Anvers. Ce dernier a été comparé à celui du crucifix de la Maison Rockox à Anvers, aujourd’hui introuvable (voir Exposition Bruxelles 1977, La sculpture au siècle de Rubens dans les Pays-Bas méridionaux et la principauté de Liège, Musée d’Art ancien, catalogue, fig.311, pp 333-334)
Dimensions cadre : 90 x 63 cm. Expert : Cabinet Fligny Paris.
Estimation 800€ - 1 000€

Les Amateurs de Haute Epoque n'auront pas manqué de suivre la vente organisée par la Maison de Ventes Giquello à Paris le 29 janvier 2025. Sur 157 Lots présentés le thème du Christ était bien représenté.
Je vous encourage à balayer le Catalogue et les résultats de la vente en suivant ce lien qui conduit au site Internet de l'Etude.
Le prix d'adjudication 4 500€ au marteau pour un fragment de Christ en Ivoire attribué au Maître qui signe JAG et daté 1634 apparaît démesuré au regard de ce qui en subsiste . Quel aurait été son prix d'adjudication s'il avait été présenté complet et en parfait état ?
Un début de réponse en suivant ce lien qui conduit à la vente d'un Christ en Ivoire (Photo jointe) identique en tous points au fragment de Christ vendu par l'Etude Giquello. Vous auriez déboursé 1 600€ au marteau pour un Christ complet qui plus est avec sa Croix et son Titulus.
L'entendement n'est pas ce qui caractérise le mieux un résultat de Vente aux Enchères.
Lot N°132
Christ en ivoire sculpté en ronde-bosse, fragmentaire, incrustations de pâte noire.
Tête au regard levé vers le ciel à l'expression suppliante, les sourcils froncés et la bouche ouverte ; barbe bifide, mèches ajourées aux fortes ondulations de la chevelure tombant sur les épaules ; torse allongé au rendu anatomique réaliste avec cage thoracique apparente, abdomen proéminent et réseaux veineux ; périzonium court aux bords dentelés retenu par une cordelette, noué sur la hanche droite avec un pan en arrondi revenant sur le devant ; il épouse au dos le fessier avec date 1634 sur le rabat. Espagne, Castille ?, attribué au Maître au monogramme JAG, première moitié du XVIIe siècle, 1634
H. 19,5 cm - Poids : 266,5 g (accidents et manques visibles) Certificat CIC délivré le 03/12/2024.
Un certain nombre de Christs en ivoire de la fin du XVIe au premier tiers du XVIIe siècle nous sont parvenus présentant la caractéristique de posséder un périzonium épousant étroitement la chute de reins du Christ et portant pour plusieurs d'entre eux des dates, signatures ou monogrammes au dos, inscrits sur le rabat du linge. Parmi cette production, on peut distinguer deux catégories :
l'une, constituée de Christs de type Cristo morto au corps assez athlétique, signés des lettres I.A.G.F ou G.A.G.F., (pour Johannes ou Giovanni Antonio Gualterio fecit), parfois GVATERIVS, datés 1599 ou 1600 (Grüne Gewolde, Dresde, inv. II 269 eee, fig.a ; collection madrilène des ducs de Rivas ; vente Sotheby's Londres, lot 55, fig. b) ;
une seconde, aux exemplaires beaucoup plus nombreux, constituée de Christs de type Cristo vivo, au corps plus longiligne, à l'ossature plus visible et au visage émacié appartenant à des collections particulières ou à des édifices religieux espagnols, datés des années allant de 1607 à 1632 - pour ceux répertoriés à ce jour - certains d'entre eux signés des lettres accolées JAG. Ouvrages consultés : - M. Estella Marcos, «Puntualizaciones sobre obras de marfil. Un grupo deCristos fechados por los mismos anos» dans AEA, 1971, p.430-435 - M. Estella Marcos, «Un Cristo de marfil de Gualterius y otros dos ejemplares del maestro de la sigla J.A.G» dans AEA, 1975, p. 133-136. - M. Estella Marcos, La escultura barroca de marfil en España, Madrid, 1984, vol. 2, cat. 57 and 58, p. 46-47, vol. 1, fig. 78-79. - E. Schmidt, “Cardinal Ferdinando, Maria Maddalena of Austria, and the early history of ivory sculpture at the Medici court” dans Collecting sculpture in early modern Europe, Studies in the History of Art, vol. LXX, Washington, 2008, p. 159-183. - E. Schmidt, “Christ in the Counter Reformation. A signed and dated ivory by Giovanny Antonio Gualterio” dans Storia dell'Arte, 2008, 119, n. 19, p. 5-20.
Une confusion s'est établie concernant la paternité de tous ces Christs, musées et marché de l'art les attribuant tous au sculpteur italien Gualtério, originaire de la ville de Gaete dans le Latium, connu pour avoir réalisé des crucifix en ivoire pour les Médicis. Cependant, la grande spécialiste des ivoires espagnols, Margarita M. Estella Marcos, a publié depuis 1971 plusieurs ouvrages ou articles sur ces Christs monogrammés I.A.G.F et JAG. Elle fait dans ses études la distinction entre deux sculpteurs, l'un étant Giovanni Antonio Gualterio, artiste de la Contre-Réforme actif d'environ 1582 à 1615 et, l'autre, resté anonyme jusqu'ici, connu que par son monogramme JAG, vraisemblablement castillan, actif quant à lui, d'après la datation de ses œuvres, de 1607 à 1634, en tenant compte de celui présenté ici. L'historienne de l'art a étudié un corpus constitué de neuf Christs attribués à cet ivoirier en s'intéressant particulièrement à celui de l'église Culebras, à celui de la cathédrale de Cuenca ou à celui du musée diocésain de Tarragone daté 1629 sortant du même atelier que celui-là (fig. c). Outre leurs revers, ils possèdent tous les mêmes caractères stylistiques : tête levée vers le ciel, bouche ouverte expirante, mèches ondulées séparées les unes des autres reposant sur les épaules et un périzonium court au dessin très original avec l'extrémité qui revient sur le devant en formant un arrondi souligné par des plis parallèles, la cordelette qui le soutient disparaissant sous le linge. Plusieurs exemples pris essentiellement sur des pièces passées dans le marché de l'art ces dernières années montrent cette disposition particulière du périzonium ainsi les signatures et dates du Maître JAG (fig. d).
Estimation 2 000€ - 3 000€
Une adjudication qui suscite moins de questionnement est celle de ce Christ en buis à la patine rougeoyante. Il semble mériter son attribution aux années 1600. Haut de ses 44 cm, il a été adjugé 3 500€ au marteau.
Lot N°131
Grand et beau Christ, Cristo morto, en buis sculpté.
Tête penchée sur l'épaule droite, ceinte de la couronne d'épines aux branches entrelacées, visage aux yeux clos et à la bouche entrouverte, mèche de la chevelure reposant sur une épaule, bras fins légèrement au-dessus de l'horizontale, torse à l'anatomie réaliste, périzonium court noué sur la hanche droite avec chute latérale, jambes fléchies, minces et aux genoux osseux, pieds croisés en rotation interne. Belle patine.
Italie, d'après un modèle de Jean de Bologne (1526-1608), fin du XVIe / début XVIIe siècle H. 44 cm
Soclé (petits manques à la couronne d'épines)
Estimation 1 800€ - 2 000€

Cet autre Christ sculpté dans le bois d'un poirier mérite aussi qu'on s'y arrête. Il a été adjugé 1 500€ au marteau. On peut le préférer au précédent pour son originalité et pour son rendu émotionnel.
Lot N°124
Christ vivant en poirier finement sculpté en ronde-bosse et patiné.
Tête au regard implorant levé vers le ciel, couronne aux épines entrelacées, abondante chevelure aux mèches ondulées s'étalant sur les épaules, torse à l'anatomie accusée avec stries sternales, diaphragme et côtes visibles, flancs saillants, nombril en forme d'œil, réseaux veineux sur les bras et les jambes, périzonium court retenu par une cordelette avec chute latérale sur la hanche droite, jambes dissymétriques avec la droite fléchie et pieds superposés.
Exécution de belle qualité.
Allemagne du sud, première moitié du XVIIe siècle H. 33 cm (petits accidents aux doigts)
Estimation 1 500€ - 2 000€

Quittons Paris pour nous rendre à l'Hôtel des Ventes de Monte-Carlo et découvrir ce Christ en buis finement sculpté offert à la vente le 13 février 2025.
C'est un Christ qui a essuyé un premier échec de vente le 27 novembre 2024.
Cette fois il a trouvé Preneur à 360€ au marteau. Son Acheteur a réalisé une belle affaire. Le Sujet est un peu plus ancien que le descriptif l'annonce et son iconographie est assez similaire à celle du Bon Larron en ivoire conservé au Louvre
Lot N°360
CHRIST EN CROIX En buis finement sculpté Circa 1700 H. : 28 cm
Estimation 400€ - 600€

Ce Modèle de Christ fait de fréquentes apparitions sur le Marché de l'Art en Espagne en particulier à Barcelone. L'histoire qui l'accompagne est charmante : Un orfèvre italien installé à Séville à la fin du XVIe siècle a rapporté d'Italie, son pays de naissance, une réplique fidèle d'un Christ de Michel-Ange. Avec fidélité à son tour l'Orfèvre a reproduit dans le bronze plusieurs exemplaires de la réplique du Christ de Michel-Ange.
Le Christ en bronze objet du long descriptif que je joins est un des exemplaires produits par l'Orfèvre
L'Espagne semble bien être le berceau de ce Modèle de Christ. Il ne se passe guère un Trimestre sans qu'il n'en apparaisse un nouveau. Celui-ci a été présenté par La Suite Subastas à Barcelone le 20 février 2025. Accompagné d'une fourchette d'estimations 18 000€-25 000€ il ne semble pas avoir trouvé Preneur. Pourtant le Vendeur avait réduit ses prétentions car chez Templum, un autre Acteur des Enchères à Barcelone où ce même Christ a été présenté le 12 décembre 2024 , le Christ était accompagné d'une fourchette d'estimations 30 000€-50 000€ !
La belle histoire qui accompagne ce modèle de Christ est racontée dans toute l'Europe y compris en Angleterre. Un exemplaire attribué au même Orfèvre était présenté par un Marchand londonien en mars 2025 à la TEFAF à Maastricht. Vous pouvez le découvrir en suivant ce lien.
Lot N°13
Juan Baptista Franconio. Finales del siglo XVI, a partir del vaciado del modelo de Michelangelo Buonarroti.
"Cristo"
Escultura en bronce dorado y perizonium en plata.
22,5 x 21 cm.
Medidas cruz: 52,5 x 29 cm.
Magnífico Cristo en bronce dorado. Se trata de uno de los ejemplares obtenidos mediante el vaciado de bronce del modelo de Miguel Ángel que Juan Bautista Franconio, platero italiano, trajo en 1597 desde Roma a Sevilla, ciudad en la que se instaló.
Fue tal la trascendencia del Cristo de Miguel Ángel traído por Franconio, que sirvió entre otros como inspiración a Juan Martínez Montañés para realizar su Cristo de los Cálices. Así lo cuenta Francisco Pacheco en su "Arte de la Pintura" publicado póstumamente en Sevilla en 1649.
Relata que Martínez Montañés lo hizo a la vista de otro del que "siguió felizmente la postura de sus pies”, el cual describe diciendo que "Micael Ángel, clarissima luz de la pintura y escultura, hizo para modelo un crucifixo de una tercia con cuatro clavos, que gozamos hoy, en cual traxo a esta ciudad vaziado en bronce Juan Baptista Franconio valiente platero, el año 1597, y después de aver enriquecido con él a todos los pintores y escultores, dio el original a Pablo de Céspedes, racionero de la Santa Iglesia de Córdova, que con mucha estimación lo traía al cuello”. Hoy se sabe que el original mencionado se encuentra por ahora en paradero desconocido.
También precisa Pacheco en su obra que es él quien el 17 de enero de 1600 dio la policromía mate al primero de esos crucificados de cuatro clavos.
Uno de los pintores que vio su obra enriquecida pudiendo plasmar en su lienzo semejante maravilla escultórica fue Diego Velázquez, por cercanía familiar, pues era yerno de Pacheco. En el artículo de Anselmo López Morais “Crucifijo de Miguel Ángel (Un ejemplar en colección particular de Orense)”, se especifican "los dos retratos que hizo en el año 1620 en Sevilla a la madre Jerónima de la Fuente (uno en el Museo del Prado de Madrid y otro, donde se ve [el crucifijo] con toda claridad, en la Colección Fernández Araoz también de Madrid)".
Este artículo resulta muy interesante, de hecho, para contrastar las semejanzas entre nuestro corpus y el mencionado de Miguel Ángel vaciado por Franconio. Entre otras cosas, dice: "La noticia de Pacheco fue recogida por Manuel Gómez-Moreno quien, intrigado durante mucho tiempo ante una serie de imágenes metálicas obtenidas por fundición atribuye, con muchas dudas, al imaginero granadino, Alonso Cano [aunque] posteriormente las identifica con las obtenidas del Crucifijo de Miguel Ángel del que se habla en el “Arte de la Pintura”."
López Morais sigue citando a Gómez-Moreno para definir las características detalladas del Crucifijo, de 22 cm: "impone por su misma sobriedad de recursos, su arranque imponente que agiganta obra tan pequeña [y] cuelga el cuerpo desplomado, con simetría de masas absoluta, como es natural; la cabeza, pequeña, cae sobre el pecho apenas desviada ligerísimamente hacia la derecha; las manos se contraen agarrotadas; la pierna izquierda se cruza sobre la derecha, conforme reveló Santa Brígida, aplastándose al contacto su pantorrilla, y el pie se deforma bajo la presión del clavo; lo casi embrionario de sus órganos viriles concierta con una estrechez de caderas que da predominio al pecho sobre los demás miembros; el vientre se hunde, y la complexión, descarnada, más acusa relieves óseos que músculos, salvo en los brazos donde la tensión pone visibles hasta las arterias, pero todo ello modelado con una delicadeza y arte insuperables".
En España existen varios ejemplares conocidos, tanto en plata como en bronce como realizados a partir del vaciado de Franconio. Se consideran originales los del Museo de los Caminos de Astorga, Palacio de Oriente de Madrid, Museo Gómez-Moreno de Granada, Caja de Ahorros de Segovia, Catedral de Sevilla y Palacio Ducal de Gandía, y algunos otros más sobre los que recae la duda de si fueron fundidos a partir del original y en la época.
El Metropolitan Museum de Nueva York conserva en su colección con el número de registro 37.28a–d, un Cristo y los dos ladrones y actualmente indican como autoría para la figura de Cristo, a partir de un modelo de Michelangelo Buonarroti, planteando la duda de si fue una fundición realizada en Roma, hipótesis sustentada por el contexto del conjunto o si, como el nuestro, es uno de los ejemplares realizados a partir de Franconio, hecho basado, según el MET, en "la calidad del modelado y de la fundición, a la vez precisa y fluida, [que] la acerca a las numerosas copias de plata conservadas en España".
Bibliografía de referencia:
- López Morais, Anselmo. (1988). Crucifijo de Miguel Ángel (Un ejemplar en colección particular de Orense). "Porta da aira: revista de historia del arte orensano", Nº 1, 97-107.
- Metropolitan Museum of Art. (s.f.). "Christ and the Two Thieves Crucified".
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/197995
Estimation 18 000€ - 25 000€

Il ne semble pas avoir trouvé un Acquéreur. Le fait est qu'il ne saurait être acheté par le commun des mortels compte tenu de sa fourchette d'estimations 130 000€-160 000€ Nonobstant sa rareté mérite qu'on s'y arrête un instant.
Une fourchette d'estimations aussi élevée traduit en général que le Vendeur est un Marchand. Je n'ai donc pas rencontré de difficulté majeure à découvrir le dépositaire de ce Christ à la Maison de Ventes Setdart à Barcelone. Il s'agit du Marchand Gabrielle Laroche qui tient boutique au Carré rive gauche à Paris. En suivant ce lien vous découvrirez le descriptif en français fourni par le Marchand.
Sur le site de la Maison de Ventes, les photos qui présentent le Christ sont identiques à celles qui sont présentes sur le site du Marchand ce qui montre une collaboration étroite entre la Maison de Ventes et le Marchand.
L'essentiel reste le Sujet :
Notez ses dimensions qui le propulse à 1m74. C'est un Christ grandeur Nature. Il a la particularité de se présenter nu. Cela ne signifie pas qu'il se présentait ainsi dans l'édifice religieux où il était logé surtout compte tenu de son attribution aux années 1200. Son expressivité aux accents hiératiques est réduite due à la disparition de la polychromie qui à l'origine devait le recouvrir de la tête aux pieds et lui apportait une expressivité plus réaliste. S'il tient toutes ses promesses la place de ce Christ est dans une église romane. Le patrimoine français n'en manque pas.
Lot N°82
Excepcional y raro cristo representado desnudo. Valle del Meuse, Francia, finales del siglo XII-principios del siglo XIII.
Madera de nogal.
Policromía parcialmente conservada.
En buen estado de conservación.
Bibliografía consultada:
-Paul Thoby, Le Crucifix, des Origines au Concile de Trente, Bellanger, Nantes, 1959.
-Jacqueline Boccador, Edouard Bresset, Statuaire Médiévale de collection, Tome I, Les clefs du Temps, 1971.
Medidas: 174 x 168 cm.
La originalidad de este Cristo radica en su desnudez. Tanto si se realizó con el fin de ser presentado en el más simple de los atuendos como si se cubrió con telas reales a modo de perizonio, esta particularidad hace de este Cristo un ejemplo muy poco común. De hecho, solo existen unos pocos ejemplos de Cristo desnudo, realizados generalmente en el Renacimiento, siendo el más famoso el esculpido por Miguel Ángel y que hoy se exhibe en la Basílica de Santo Spirito de Florencia.
El importante y raro Cristo que ahora licitamos presenta una fisonomía rígida con rodillas ligeramente flexionadas. Sus brazos abiertos en cruz terminan en manos con finos y largos dedos. La cabeza se inclina sobre el pecho hacia la derecha, una representación que se ajusta así a las Escrituras: «Y inclinado el cabeza, entregó el espíritu» (Juan, XIX-30). El rostro alargado de Cristo, con barba bífida, mejillas ligeramente hundidas, nariz recta y párpados abultados bajo arcadas superciliares arqueadas, posee cierta realidad anatómica. Con la boca abierta y los ojos entrecerrados, el suplicante acaba de dejar escapar un último aliento de vida. Aunque se trata de la representación de un Cristo muerto, no hay patetismo ni expresividad exagerada. Está tranquilo e indiferente al dolor. Como la escultura está destinada a ser vista desde abajo, el cabello de Cristo no ha sido objeto de un tratamiento específico. Se trata de un simple cabello en forma de gorro, sin rastro de mechones. También es posible que una corona de espinas ciñera la cabeza de Jesús, como sugiere la presencia de gotas de sangre en su frente.
Formalmente este Cristo responde a una obra de transición entre los siglos XII y XIII. De hecho, sigue siendo fiel a la horizontalidad y al hieratismo de las representaciones más antiguas. La anatomía del cuerpo de Cristo aún no tiene el naturalismo que adoptará a partir de mediados del siglo XIII. Las costillas están vigorosamente esculpidas. Esta forma de describir el cuerpo humano responde a un canon heredado del arte bizantino que a veces se mantiene hasta principios del siglo XIV. Sin embargo, algunos indicios sitúan claramente a este Cristo entre las realizaciones del siglo XIII. El escultor buscó un mayor realismo en la expresión del rostro. Los pulgares paralelos a los demás dedos, la superposición de los pies en rotación interna representan una innovación con respecto al siglo XII.
Estimation 200€ - 300€
Avançons jusqu'au XVIIIe siècle pour lire une belle histoire comme en racontaient nos Aïeuls qui n'étaient jamais à cours d'imagination. Ce Christ en Ivoire dans son écrin est attribué au milieu du XVIIIe siècle. Il a été présenté par la Maison de Ventes Coutau-Bégarie le 14 mars 2025 et a été adjugé 6 000€ au marteau, 2 fois son estimation, traduisant une réelle motivation des Enchérisseurs pour acquérir ce Christ.
La raison est une lettre manuscrite scotchée à l'arrière du cadre qui donne une origine prestigieuse à ce bel ensemble : Madame Louise de France fille de Louis XV.
La lettre manuscrite est ni datée ni signée. On ne connait pas son Auteur. Simplement scotchée à l'arrière du cadre, elle pourrait être jointe à n'importe quel autre cadre. Rien ne la rattache à ce Christ spécifiquement et ce d'autant qu'il n'est même pas précisé dans la lettre que le Christ qui en est l'objet est sculpté dans l'Ivoire !
Son Acquéreur a néanmoins acquis un Christ en Ivoire haut de 52 cm, ce n'est pas commun.
Lot N°197
Crucifix avec Christ en ivoire sculpté ;
dans un encadrement en bois sculpté et doré, de forme violon, à décor de coquilles et de fleurettes ; sur une croix en bois noirci et un fond de velours vert. Le Christ a la tête levée, la bouche entrouverte, coiffure aux mèches ondulées tombant sur les épaules, corps à la morphologie détaillée et au réseau veineux apparent ; périzonium retenu par une cordelette et noeud avec chute sur la hanche droite ; jambes parallèles et pieds reposant sur un supedanum.
Milieu du XVIIIe siècle
H. du Christ : 52 cm - H. totale : 122 cm - L. : 63 cm (Très légers manques)
Provenance : D'après une notice conservée au dos de ce tableau crucifix, ce Christ était fixé dans l'oratoire de Madame Louise, fille de Louis XV au château de Marly. Il fut ensuite donné par Madame Royale à l'abbé Antoine Pierre Gaston de Sambucy (1764-1850) ancien Maître des Cérémonies de la Chapelle impériale, confesseur de Charles X et surtout grand soutient de la famille royale pendant la révolution, notamment au près de Madame Élisabeth qu'il accompagna à l'échafaud. La famille royale lui en fut très reconnaissante. Il fut directeur de la chapelle de l'empereur Napoléon. Puis il devint aumônier du comte d'Artois et vicaire général de Reims. Puis son petit neveu, Adrien de Sambucy de Sorgue (1831- 1915). et son fils Joseph de Sambucy de Sorgue(1868 - 1922). Et par transmission d'héritage.
Estimation 2 000€ - 3 000€
Publié le 1 avril 2025